Les relations jordano-françaises, un exemple de relation euro-arabe
Relancées par la visite à Paris du jeune roi Hussein en novembre 1964, les relations entre la France et la Jordanie se distinguent depuis, de manière ininterrompue, par leur grande qualité. Au cours de son long règne, le roi Hussein s’est rendu dans notre pays au moins deux fois par an. Quant à son fils, le Roi Abdallah II, il a effectué sa première visite d’Etat dans notre pays quelques mois seulement après sa montée sur le trône en novembre 1999. Depuis, il y effectue en moyenne deux visites annuelles de travail. Les échanges ministériels et parlementaires se sont multipliés. Aujourd’hui les relations franco-jordaniennes sont exemplaires, tant sur le plan politique, qu’économique et culturel.
Une remarquable convergence politique
La relation bilatérale politique est particulièrement étroite. En mai 2008, les ministres des Affaires étrangères français et jordanien ont d’ailleurs signé un mémorandum d’entente sur la coordination politique qui renforce la coopération au service des intérêts stratégiques des deux pays.
Les nombreuses questions régionales sont l’objet d’une large convergence. Dès le lendemain de la guerre des Six Jours (1967), la France et la Jordanie se sont retrouvées autour de la recherche d’une solution équilibrée au conflit israélo-palestinien. Chaque entretien de haut niveau est l’occasion de rappeler l’importance qu’il y a à faire progresser le processus de paix au Moyen-Orient vers la création d’un État palestinien moderne, indépendant, démocratique et viable, vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité, avec Israël. Pour nos deux pays, le règlement global du conflit arabo-israélien se fera conformément aux résolutions des Nations unies, aux principes de Madrid et à l’Initiative de Paix arabe.
En ce qui concerne la situation en Irak, nos deux pays soutiennent les efforts visant à la réconciliation nationale par le biais d’un processus politique inclusif assurant la stabilité, l’unité et la sécurité de l’Irak. De même, nous nous réjouissons des évolutions positives intervenues dans les relations bilatérales entre le Liban et la Syrie, attestées par l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Nous nous accordons également sur le fait qu’une solution diplomatique aux tensions internationales provoquées par les tentatives de l’Iran d’acquérir des capacités nucléaires constitue la meilleure voie, en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
La Jordanie et la France sont également attachées au caractère central du rôle de l’Union européenne dans l’établissement de la paix au Moyen-Orient. Les deux pays sont engagés dans l’Union pour la Méditerranée et considèrent qu’elle peut constituer un dispositif efficace pour donner une nouvelle impulsion au Processus de Barcelone et approfondir les relations stratégiques entre les partenaires de la région euro-méditerranéenne dans l’intérêt de la paix, de la sécurité, du développement et de la prospérité mutuelle.
Des relations économiques en constant développement
Sur le plan des investissements, une trentaine d’entreprises sont présentes en Jordanie, dont plusieurs grands groupes (Lafarge, France Telecom, Société générale, Suez, ADP, AREVA, Total-distribution, Carrefour). En 2006, France Telecom a augmenté de 40 à 51 % sa participation au capital de l’opérateur historique Jordan Telecom. Le groupe Lafarge a racheté deux cimenteries jordaniennes pour 92 millions de dollars. La SGBJ, filiale indirecte de la Société Générale, est la 16ème banque jordanienne (sur 23) en terme d’actifs, et la 8ème pour son réseau. Les entreprises françaises ont également remporté plusieurs contrats dans les domaines liés a l’eau et à l’environnement : Suez, pour la construction d’une station de traitement des eaux usées de la ville d’Amman, sur financement américain pour un montant de 169 millions de dollars en 2004, Degrémont pour une unité de dessalement d’eaux saumâtres pour 91 millions de dollars en 2002, Aéroports de Paris pour la construction (450 millions de dollars) et la gestion en BOT (Build, Operate, Transfer) pendant 25 ans de l’aéroport d’Amman en 2007. Dernière illustration en date de cette relation économique étroite, nos deux pays ont signé en août 2008 un Protocole d’accord relatif à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire qui renforce et institutionnalise la coopération en matière nucléaire entre les divers organismes français et jordaniens. Une lettre d’intention entre la Commission jordanienne de l’Énergie atomique (JAEC) et AREVA, puis un accord d’exploration portant sur l’extraction d’uranium dans le centre de la Jordanie entre la JAEC et AREVA ont également été signés en septembre 2008.
Dans le domaine des finances publiques, la France a apporté son soutien à l’allégement de la dette extérieure jordanienne, par le rachat anticipé de créances portant sur une part substantielle de la dette auprès du Club de Paris en mars 2007 et par le biais du mécanisme bilatéral de conversion de dette en actifs, ce qui a contribué avec succès à accroître le niveau des investissements directs français dans des entreprises et projets jordaniens. Ils s’élèvent aujourd’hui à 1,3 milliards de dollars, ce qui fait de notre pays, le troisième investisseur étranger en Jordanie, derrière le Koweït et l’Arabie saoudite.
S’agissant des échanges commerciaux, les ventes françaises ont progressé de 46,8% en 2008 alors que nos achats à la Jordanie diminuaient de 14,1%. Le solde de nos échanges reste, comme les années précédentes, largement excédentaire. En 2008, avec une part de marché relativement stable de 2,3% et 353 millions d’euros d’exportations, la France est le 13ème fournisseur de la Jordanie. La Jordanie est notre 77ème client et notre 151ème fournisseur. En 2008, le montant de nos achats à la Jordanie s’est élevé à 13,1 millions d’euros. En dix ans, le montant de nos importations a été multiplié par 5.
Une action culturelle et de coopération et d’aide au développement en plein essor
Le domaine culturel est aussi un axe fort des relations entre nos deux pays et ce dans de nombreux secteurs qui vont de l’enseignement du français qui, grâce à l’appui du Ministère de l’Education, se porte très bien, à l’organisation de spectacles et de festivals par le Centre Culturel français d’Amman en passant par l’archéologie avec l’Institut français du Proche Orient. Les services culturels de l’ambassade attachent une attention particulière à proposer des activités culturelles tant à Amman, qu’en province.
L’action culturelle vise un public très large qu’elle fidélise via des rendez-vous annuels : festival du cinéma franco-arabe, semaine d’Aqaba, semaine de la francophonie, expositions et spectacles organisés par le Centre Culturel Français d’Amman. Toutes ces opérations qui ont chacune leur public, visent à privilégier, tant la rencontre entre un artiste et le public, qu’entre étudiants ou élèves.
Le secteur de l’enseignement supérieur illustre particulièrement le dynamisme de notre relation bilatérale culturelle avec l’ouverture récente d’un espace Campus France, situé dans les locaux du Centre Culturel d’Amman et destiné à informer des possibilités d’études en France. L’ambassade propose chaque année plusieurs bourses d’étude. Les universités françaises sont également encouragées à développer des partenariats avec leurs homologues jordaniennes. En ce qui concerne la coopération technique, l’ambassade conduit une action de coopération dans deux domaines : la Justice et les énergies nouvelles.
Enfin, s’agissant de l’aide au développement, l’Agence Française de Développement (AFD) a ouvert un bureau en Jordanie en mars 2006 et le total de ses engagements à ce jour s’élève à 235 millions d’euros.
